Culture d'entreprise

Publié le par jargondentreprise

Ensemble des rites et coutumes qui agrègent et enracinent la connerie des hiérarques de l’Entreprise puis la transforment en mythologie à laquelle les collaborateurs doivent s’identifier collectivement. Forme hybride de paternalisme et de microchauvinisme narcissique, la culture d’entreprise est relayée ou déclinée par un arsenal de propagande officielle qui rappelle sans cesse l’appartenance identitaire : journal interne, tee-shirts immettables¹, séminaires bidons, intranet, chartes de notes internes, de présentations Powerpoint, etc.  Sur le plan officieux, il y a le dress-code, les mots, les usages. L’adhésion aux billevesées du régime est obligatoire, oser dénoncer la dérive sectaire putride est suicidaire : l’Entreprise traque sournoisement les aigris, les récalcitrants, les marginaux, les forts en gueule et largue les amers. Soumission totale pour les autres, les petits soldats aliénés qui forment une armée des ombres prêts à renoncer à leur amour propre et leur esprit critique pour la promesse d’un soleil calibré à 749 euros la semaine en all-inclusive à Djerba. Culture d’entreprise est une expression impropre à laquelle il faudrait préférer culte d’entreprise restituant mieux le caractère religieux de l’Entreprise pour la dévotion qu’elle impose de manière policière en s’appuyant sérieusement sur des foutaises. Même logique d’un amour du prochain fait ici de team-building et de développement de carrière pour gratifier les fidèles, même logique inquisitrice envers les impies, les pécheurs et les profanes, même logique incantatoire dans l’art consommé de faire avaler des couleuvres, même déni de l’individu au profit de la communauté collaboratrice.

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